Longtemps interdite à la consommation, l'huile de lin peut désormais être commercialisée en France, moyennant certaines précautions pour éviter son oxydation, car elle est très instable. L’huile de lin est exceptionnellement riche en acides gras oméga 3, ce qui la rend particulièrement intéressante comme complément alimentaire. Elle est également utilisée en cosmétique, pour ses propriétés apaisantes et adoucissantes.
Le lin, de son nom botanique Linum usitatissimum, est utilisé depuis l’époque de l’Egypte Ancienne. De sa tige, on tire des fibres qui servent à confectionner des tissus, quant à sa graine, elle est exceptionnellement riche en acides gras oméga 3 (acide alpha-linolénique) et elle est utilisée entière dans les pains, les biscuits, le muesli, mais aussi en tant qu’aliment pour les animaux d’élevage. Elle peut également être pressée pour donner de l’huile. Le lin est cultivé dans de nombreux pays, sous les climats tempérés et tropicaux.
Une huile restée longtemps interdite
L’huile de lin, de couleur jaune d’or et légèrement piquante, était couramment consommée en Europe au début du XXème siècle. Elle était alors produite par des petits pressoirs locaux, et livrée une fois par semaine, fraîche et non raffinée, en petits flacons de verre. On la savait déjà très sensible à l’oxydation par l’air, la chaleur et la lumière (elle devient toxique lorsqu’elle est oxydée). Dans les années 20, avec l’industrialisation croissante des huileries, l’huile de lin fut peu à peu délaissée, car jugée trop instable, et donc trop peu rentable. Elle disparut presque totalement après 1945.
Mais depuis 10 ans, elle a commencé à réapparaître, notamment dans les magasins de produits bio et naturels, dans les pays du Nord de l’Europe (elle est très appréciée en Allemagne, par exemple). Elle est restée longtemps interdite en France pour la consommation alimentaire, mais des considérations économiques (libre circulation des produits dans l'Union européenne, cette huile étant consommée dans plusieurs pays) et de santé publique (déficit de notre alimentation en oméga 3) rendaient cette position difficilement tenable.
L’avis rendu par l’Afssa : oui à l’huile de lin… sous conditions
L'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) a donc réexaminé le bien-fondé de cette interdiction, et a conclu en 2006 que l’huile de lin devrait être à nouveau autorisée. En mars 2009, elle a rendu un second avis qui fait mention des précautions à respecter pour les fabricants:
- traçabilité des lots pour ne pas dépasser 1 an de la récolte à la consommation;
- conditionnement opaque de 250 ml maximum;
- durée d'utilisation limitée à 9 mois;
- mentions d'étiquetage telles que «réserver à l'assaisonnement; ne pas chauffer; conserver à l'abri de la chaleur avant ouverture; conserver au réfrigérateur après ouverture et consommer rapidement».
Il est conseillé de ne pas utiliser l'huile de lin dans l'alimentation des enfants de moins de 3 ans, ni dans celle des femmes enceintes.
Pourquoi devons-nous consommer des oméga 3 ?
La famille des acides gras oméga 3 comprend plusieurs acides gras, tous dérivés de l’acide alpha-linolénique, et métabolisés par des enzymes dans l’organisme: acide stéaridonique, acide eicosapentaénoïque (EPA), acide docosahexaénoïque (DHA)… Ces oméga 3 sont dits essentiels, car le corps ne sait pas les fabriquer. Ils doivent obligatoirement être apportés par l’alimentation, or, nous n’en consommons pas suffisamment. Les rôles des oméga 3 sont nombreux:
- Anti-inflammatoires (utiles en cas de maladies ostéo-articulaires ou de troubles dermatologiques inflammatoires);
- Anti-agrégants plaquettaires (ils fluidifient le sang);
- Vasodilatateurs;
- Développement et fonctionnement du cerveau;
- Fonctionnement de la rétine;
- Limitation de l’athérosclérose et du phénomène de thrombose en inhibant le dépôt de cholestérol sur la paroi des vaisseaux.
Pour toutes ces raisons, les nutritionnistes recommandent de consommer suffisamment d’oméga 3 (2g d’acide alpha-linolénique par jour pour un adulte) pour prévenir les maladies cardiovasculaires. Certains experts avancent également l’hypothèse selon laquelle les oméga 3 pourraient réduire le risque de maladie d’Alzheimer, sans que cela soit prouvé à l’heure actuelle. Grâce à ses 45 à 70% d’acide alpha-linolénique, l’huile de lin contribue à satisfaire nos besoins en oméga 3.
L’huile de lin en cosmétique
Il n’y a pas que dans l’alimentation que l’huile de lin peut trouver sa place. Elle est également utilisée en cosmétique. Pendant des siècles, le lin était utilisé pour les peaux sèches, les irritations des muqueuses et les irritations cutanées. Apaisante et adoucissante, l’huile de lin peut s’appliquer pure, en massage léger, ou entrer dans la composition de certains produits cosmétiques (crèmes, baumes, laits corporels, masques…).
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